Gabriel CHARRIER, mon pépé

Ce pépé, que j’ai si peu connu… Chapitre 2 de l’histoire de mes grands-parents maternels…
Dans le chapitre 1, nous avions suivi la jeunesse de Marie ALLAIS, ma grand-mère qui, née à Saint-Michel- Chef-Chef (44), est allée vivre ensuite avec sa famille dans le Maine-et-Loire à Saint-Lambert-la Potherie puis s’est mariée avec Gabriel CHARRIER, un Nueillais des Deux-Sèvres ! Elle s’est donc exilée pour diverses raisons jusqu’à cette contrée des Deux-Sèvres où elle a vécu une vie plus que bien remplie !
Je vous propose de suivre dans un chapitre 2 la jeunesse de mon grand-père, Gabriel CHARRIER, son mari, jusqu’à la même période, un an après leur mariage !
Embarquons pour son histoire à lui !
Gabriel, le onzième d’une couvée de 14 enfants !
Gabriel Emile Joseph CHARRIER est né le 4 juillet 1908 à 22h30 à la Chauvinière de Nueil-sous-les-Aubiers. C’est son père Louis Célestin CHARRIER (1864-1941) qui déclare la naissance le 5 juillet. Sa mère, c’est Marie Louise Florence CHUPIN (1872-1947), elle a 36 ans mais déjà 10 enfants ! Les parents de Gabriel sont tous les deux du nord Deux-Sèvres, Louis Célestin est né à Saint-Amand sur Sèvre et Marie Louise à Saint Aubin de Baubigné. Ils se sont mariés à Yzernay le 11 juin 1895 et se sont rapidement installés à La Chauvinière à Nueil les Aubiers. Ce sont eux, ses parents, sur la photo ci-après.


Sur l’acte de naissance de Gabriel, la profession de Marie Louise est indiquée, une fois n’est pas coutume, elle est ménagère… Elle travaille sans doute chez elle, une véritable profession quand on a une telle famille ! Un aperçu de cette grande couvée :
- Marie Louise Eugénie Reine (1896-1985)- Union le 7/11/1922 avec Georges CAILLE (1892-1971) – 7 enfants
- Louis (1897-1957) – Union le 8/11/1921 avec Emilienne APPARAILLY (1900-1989) – 9 enfants
- Eugène (1898-1981) – Union le 12/09/1925 avec Berthe JADEAU (1905-1990) – 5 enfants
- Yvonne (1900-1945) – Union le 7/11/1922 avec Armand Jean Michel CAILLE (1899-1975) – 6 enfants
- Adrien (1901-1928) décédé d’une leucémie à 27 ans
- Georges (1903-1903) décédé à 5 mois
- Constance (1904-1905) décédée à 11 mois
- Pierre (1905-1997) – Union avec sa cousine Joséphine CHUPIN (1912-1996) – 14 enfants
- Joseph (1906-2000) – Union avec Régina VAILLANT (1920-2014) 6 enfants
- Joséphine (1907-2004) – Union avec Albert GRAVELEAU (1907-1975) – 7 enfants
- Gabriel, notre aïeul
- Juliette (1909-1911), décédée à 15 mois
- Christophe (1910-1911), décédé tout jeune
- Marcel (1912-1975), célibataire, mort dans un accident

de gauche à droite ; en haut : Adrien, Louis, Yvonne, Eugène, Marie-Louise, Pierre et en bas : Joseph, Joséphine, Louis CHARRIER, Marie-Louise CHUPIN, Marcel, Gabriel
L’heure du service militaire
Après l’école et le travail dès le plus jeune âge avec son père à la ferme (un père autoritaire et patriarche), Gabriel fait son service militaire, il a 20 ans. Mémé a raconté que pépé avait rêvé d’être boulanger (comme son parrain) mais cela ne s’est pas fait, peut-être par pression familiale, peut-être parce que dans son environnement il n’y a quasiment que des agriculteurs et qu’il était logique de suivre la trace de ses parents.


Le 12 novembre 1928, il est incorporé sous le matricule 1392, son niveau d’instruction est indiqué à 2 (sait lire et écrire), il mesure 1.70m, ses cheveux sont châtain clair, il a les yeux gris roux et le visage ovale. Les descriptions sur les fiches matricules prêtent parfois à sourire mais cela donne une indication sur le personnage, surtout quand il n’existe pas de photos, ce qui n’est pas le cas ici.
Sur cette fiche matricule, il est indiqué également qu’il est affecté au 9ème escadron du train le 29 mai 1929 n°2707, passé au régiment d’artillerie lourde le 27 mars 1930 (n°3924) en attendant son passage dans l’indisponibilité. Rayé des contrôles le 15 avril 1930, certificat de bonne conduite accordé. le 109e régiment d’artillerie lourde était basé à Poitiers. Selon les témoignages de la famille, il est dans la cavalerie, il s’occupe des chevaux et cette période de service militaire est plutôt une bonne période pour lui.
En effet, 1 ans 1/2 de service militaire loin de chez lui, c’est long mais c’est une expérience, comme pour la plupart des garçons de cette époque, très formatrice : liens sociaux, découverte d’environnements différents, apprentissage de compétences nouvelles….
D’avril 1930 à 1936, sans doute retourne-t-il d’abord à la Chauvinière à Nueil dans la ferme de son père puis il prend avec ses frères, Joseph et Eugène, la ferme de Mont-Louis. Ces fermes ne sont pas très éloignées (environ 3 km), la famille CHARRIER constitue un clan où l’entraide est de mise et l’autorité du père sans doute très présente. Louis son frère est sans doute le 1er à s’installer à Mont-Louis après la famille ONILLON sans doute après son mariage en novembre 1921. une chose est sûre, le 1er enfant de Louis, une fille prénommée Jeanne, naît le 30 juin 1923 à Mont-Louis.
Au recensement de 1936, Gabriel est noté patron avec son frère Joseph, également célibataire, sur la ferme de Mont-Louis. Un autre de ses frères, Eugène est aussi patron dans cette même ferme. Eugène est marié à Berthe, ils ont 4 enfants à cette date. Un couple de polonais Franciszek (né en 1903 à Browa) et Zofia son épouse (née en 1908 à Browa) travaillent pour eux, lui est domestique, elle servante de ferme. On ne connaît ni leurs antécédents ni les chemins qui les ont menés jusqu’ici.
En 1937, son cousin BREGEON, qui est prêtre, décide de jouer l’entremetteur et de trouver épouses pour ses deux cousins de Mont-Louis célibataires, Joseph et Gabriel, enfin priorité pour Joseph qui est le plus âgé des deux ! Dans le livre « Je voulais savoir » de Yvette Baron Fehr, je retrouve un cousin de pépé (du côté de sa maman – branche CHUPIN) Louis Alexis Joseph BREGEON, né le 17 janvier 1900 à Yzernay (49) et décédé le 2 février 1990 à Saint Laurent de la Plaine (49). Il était prêtre ; est-ce lui ? Il aurait eu 8 ans de plus que pépé et Saint Laurent de la Plaine n’est qu’à une 20aine de kilomètres de Saint Lambert la Potherie… De mémoire familiale, il n’y avait qu’un prêtre donc a priori cela ne peut être que lui.
Le curé BREGEON a été affecté à Saint Lambert la Potherie dans le Maine et Loire et forcément il connaît des filles « bonnes à marier », des filles « de bonne famille »… et parmi elles, une fille de la famille ALLAIS du Buisson, bien distinguée, instruite aux bonnes manières, charmante. Elle participe d’ailleurs à la chorale « Les enfants de Marie ». Il les met en relation en pensant à Joseph.
Mais ce n’est pas Joseph qui aura les faveurs de Marie et c’est Gabriel qui tombe sous le charme de Marie. Il s’en veut un peu par rapport à Joseph. Mais, c’est à lui, Gabriel, que Marie sourit, non ?

Il faut dire qu’elle est ravissante, c’est la jeune femme de gauche sur la photo, à côté de sa sœur Germaine qui, elle, vient de se trouver mari. Elles sont toutes les deux au bord de la mer, sans doute à Saint-Michel-Chef-Chef, fief de la famille ALLAIS. Elles sont calmes, sereines et souriantes et… bien jolies !
Gabriel et Marie s’écrivent, se voient un peu et Gabriel fait sa demande. Marie dit oui, un oui à Gabriel et un oui à l’aventure car elle ne connaît absolument pas Nueil les Aubiers, ni la région, ni la famille de Gabriel. Un saut dans l’inconnu mais elle lui fait confiance !
Ils se marient le 6 septembre 1938 à Saint Lambert la Potherie. La famille CHARRIER, nombreuse, se déplace en force pour fêter l’évènement. C’est un jour de fête !


La question s’est posée de savoir où ils s’installeraient : La ferme du Buisson leur a été proposée (ferme reprise ensuite par la sœur de Marie, Germaine avec son mari) et ils ont même pensé partir en Algérie. Mais c’est finalement à Mont-Louis, sous le cocon familial CHARRIER qu’ils vont s’installer.
S’en suit une année de bonheur mais aussi de travail à Nueil les Aubiers. La ferme doit tourner. Sa jeune épouse paraît plaire à la famille, elle est posée, discrète, distinguée aussi, elle plaît assurément. Il en est ravi et d’autant qu’en ce mois d’août 1939, elle lui annonce une magnifique nouvelle, elle est enceinte de 3 mois, un bébé attendu pour février 1940. Quel bonheur !
Néanmoins, le 3 septembre, la guerre éclate, l’avis de mobilisation est là et Gabriel doit partir et laisser Marie et son futur enfant pour aller prendre les armes. Cela ne va pas durer, disent-ils mais qui sait ? Un déchirement véritablement…, la vie sera-t-elle aussi belle après ? Comment sa jeune épouse fera-t-elle pour la ferme ? Il y a les domestiques et Irène, celle qui aide déjà Marie à la maison… mais pas facile vraiment de tout laisser derrière soi quand on n’a pas le choix ! Il part le cœur lourd et serré moins d’un an après s’être marié…
Vous voulez en savoir plus ? Attendez juste un peu pour un épisode 3 sur la guerre pour Gabriel et pour connaître les échanges de courriers entre Marie et Gabriel et savoir ce qu’il en sera de la naissance de l’enfant attendu… A très vite pour la suite de l’histoire de Marie et Gabriel !
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