Moi, Joseph FUSEAU, forgeron au Peu du Pin

Message à mes descendants :

Quand ce blog a vu le jour, je n’ai pu résister, moi Joseph FUSEAU, à vous envoyer un message car voyez-vous, si vous avez entendu peut-être parler de Jean-Baptiste BARON, le père de votre grand-père Louis parce qu’il porte le nom de la famille, je n’en suis pas moins important, moi le père de votre grand-mère Renée ! Et d’ailleurs, voyez comme je suis beau sur cette photo, pas mal foutu l’ancêtre Joseph, non ? Et si je vous envoie aussi ce message c’est que j’espère de tout cœur que certains d’entre vous ont toujours gardé ce petit soupçon d’espièglerie, de malice, de rire et d’optimisme que je m’attachais à cultiver.

Bon, je crois que je vais commencer par un petit schéma assez simple de l’arbre de famille pour que vous mais aussi vos enfants et petits enfants sachiez qui je suis… un peu coloré mais bon, je suis pas un spécialiste…

Vous vous y retrouvez ? Vous trouverez en principe vos parents ou des personnes qui vous disent quelque chose. pour toi Laurence qui fais ce blog, ça te dit bien quelque chose : Tonton Firmin et Tante Menite ? Grand-père ou Grand-mère BARON ? Jean-Marie et Annie les cousins ? Marie BONDU/FUSEAU était je crois la marraine de ton père Lili…

Bon, je suis né le 25 mars 1873 au Peu du Pin (je vois qu’ils écrivent aujourd’hui le peux avec un x, mais autrefois, c’était le Peu…). Le Peu se trouve sur l’axe Bressuire-Mauléon dans le nord des Deux-Sèvres, ce hameau dépend de la commune du PIN. Mon père est forgeron. Avec sa femme Marie Ositée ALBERTEAU, ils ont 4 enfants : Marie Ozite (1869-1870), Charles (1871-1939), moi (1873-1942) et Marguerite Ozite (1876-1956). A vrai dire nous avons grandi seulement à 3 car Marie est l’ange de la famille, disparue trop tôt à 11 mois…. Avec Charles, mon grand frère, nous apprenons le métier de forgeron dès notre plus jeune âge avec notre père. Tout naturellement, je me passionne pour le métier de maréchal-ferrant (travail du fer) alors que Charles préfère le travail de charron (travail du bois). Avec les besoins des fermes et le trafic routier (charrettes qui passent devant la porte de la forge), nous ne chômons pas avec le paternel.

source : livre « métiers oubliés » de Jacqueline et Raymond HUMBERT

Sonne l’heure du service militaire

Mais (et oui les enfants), je suis appelé au service militaire et je pars le 25 novembre 1893 pour le 4ème régiment des hussards comme engagé volontaire pour 4 ans. Mon frère Charles est déjà engagé depuis le 15 septembre 1892 au 68ème régiment d’infanterie, il est devenu caporal depuis le 26 septembre 1893. Du fait de mon engagement, il peut compte tenu de son « frère au service » être nommé dans la réserve et revenir à la maison le 15 décembre 1893. Au régiment des hussards, je me forge dans tous les sens du terme : je ferre les chevaux et peaufine mon savoir-faire, je découvre le maniement des armes et leur confection, pas si éloigné de mon métier tout ça ! Et surtout, je m’ouvre au monde extérieur, moi qui n’étais guère sorti de mon Peu du Pin : de nouvelles régions et surtout de bons copains et même les fêtes qui vont avec ! Toutefois, pendant mon absence, mon père décède le 15 juillet 1895 à l’âge de 65 ans. Aucun de ses enfants n’est encore marié, ma mère organise donc la poursuite de l’activité de la forge avec mon frère Charles.

Source internet : Tenue des hussards de l’époque.

A mon retour du service, la famille me presse au mariage. A plus de 30 ans, il faut prendre femme ! J’ai eu bien sûr quelques aventures mais il s’agit là de s’engager ! Lors d’une fête de famille, je rencontre Marie Armande RUAULT (1879-1953).

Nos mères, Marie Ositée ALBERTEAU et Théodosie POUZIN (1850-1920) sont cousines ou dit autrement ma grand-mère Céleste POUZIN épouse ALBERTEAU était la sœur du grand-père de Marie Armande : Alexis POUZIN. Vous êtes perdu, regardez le schéma ci-dessus ! Petite parenthèse je vous invite à en savoir plus sur Céleste modeste POUZIN, la grand-mère que je n’ai pas connue dans un autre article du blog !

Marie Armande est un peu le contraire de moi, elle est sérieuse, efficace, organisée, elle a du caractère et n’a pas les deux pieds dans le même sabot. Elle sera la femme parfaite, me dit ma mère, parfaite pour être une femme d’artisan, elle saura faire la comptabilité, s’occuper du foyer… Alors c’est décidé, je vais me marier le 28 février 1905 à Brétignolles, à 9 heures du matin (et non en 1904 comme indiqué sur le schéma, c’est une coquille mais c’est pour voir si vous suiviez bien…)

Nous nous installons au Peu du Pin à côté de la forge avec ma mère et la famille de Charles. Celui-ci est déjà marié depuis 1894. Ces années-là sont pour moi magiques : la forge tourne bien, Marie Armande gère de main de maître la maisonnée et nous avons la joie d’accueillir 3 enfants : la sage Marie (1907-1982 Marie Ozite Marguerite), la pétillante Renée (1909-1998 Renée Charlotte Marguerite) et Joseph mon digne héritier (1912-1959). Charles marié à Euphrasie LEVAUS a deux filles : Charlotte Marie Marguerite (1899-1975) et Marguerite Marie Joséphine (1900-1982). Ces 5 enfants font le bonheur de la grand-mère Marie Ozite qui les comble d’amour et d’attention !

En aparte, une question à laquelle je n’ai pas de réponse mais peut-être une personne le sait-elle : je ne sais plus pourquoi les 4 filles des deux ménages portent toutes les 4 le prénom Marguerite. Je crois que Marie Armande y tenait en référence à Sainte Marguerite d’Antioche (décédée en 275), c’est en effet une martyre, patronne des femmes en couches, célébrée le 20 juillet…

Bref, ces années passent vite et nous voilà rattrapés, Charles et moi, par la guerre 14-18… Périodes bien noires où nous voyons de bons copains de chez nous ou des copains du front y rester. Et lorsqu’on part pour la guerre, on apprend la peur, omniprésente pour soi et pour les siens restés à la maison… Nous faisons tous les deux parties de ceux qui reviennent, différents certes mais en vie, à jamais marqués mais en vie… Je ne souhaite à aucun vous, lecteurs de ma famille ou non, de vivre ça, cultivez tous la paix, c’est important ! Notre mère quant à elle, rongée par l’inquiétude de savoir ses fils à la guerre décède le 13 mars 1918.

A mon retour, je me plonge dans le travail de la forge et dans la vie de famille, les enfants grandissent, vont à l’école et apprennent tous les trois très bien, Marie Armande y veille… Marie l’aînée occupe des fonctions administratives à la commune, nous avons très vite d’ailleurs le téléphone, nous sommes les premiers et quel évènement ! Joseph apprend le métier avec moi et puis Renée se marie le 10 mai 1932 à Nueil sous les Aubiers. C’est un grand jour pour toute la famille. Nous avons fait la connaissance de Louis BARON, c’est un paysan de Nueil sous les Aubiers, une bonne famille de travailleurs ! Renée est heureuse, c’est elle qui l’a choisi, son mari !

Nous aurons Marie Armande et moi le bonheur de nous occuper ma foi fort souvent de nos petits-enfants : d’abord Renée (1933), puis Louis-Marie (1935), puis Denise (1937), Odile (1940) et Marie-Josèphe (1942).

Photo de gauche à droite : Renée, Odile, Louis, Denise, Renée, Marie-Josèphe, Lili

Pour les filles, je confectionne des bagues avec le fer. Avec Louis-Marie, que l’on appelle Lili, je l’envoie en vélo dans les fermes près du Peu pour les prévenir que leurs roues ou charrettes sont prêtes. Je fais aussi de longues promenades autour de la Buzenère, lieu dit du Peu où l’on a de la famille. Mais je deviens aussi de plus en plus sourd, je vieillis sans doute !

Après une vie, somme toute bien remplie, je m’éteins à l’âge de 68 ans. Il neige le jour de l’enterrement et la petite famille de Renée et Louis viennent à pied pour m’accompagner à l’église et au cimetière. Je ne connaîtrais pas leur petite dernière, Jacqueline qui naît en 1947 comme je ne connaîtrais pas les enfants de Joseph. Charlotte n’aura pas d’enfants de son côté.

Voilà la trace que je voulais vous laisser moi aussi mais rappelez vous surtout que je ne suis ni si loin ni si sourd et que je veille sur vous tous avec bien d’autres de vos proches d’ailleurs… Et comme dirait aussi ma fille, grand-mère Renée pour certains d’entre vous, qui a fait sienne cette devise qui était la mienne : « ya que l’bon Dieu et moi qui savons (non pas ce que j’ai souffert !) si je viendrai encore une nouvelle fois prendre la parole sur « Au fil de l’Autrefois ». Me laisserez vous encore vous causer ? Méfiez vous, je suis un bavard, j’aime causer…

Et si jamais, ma mémoire avait oublié certaines choses, n’hésitez pas à compléter, à raconter ce que vous avez retenu de moi, vous tous et toutes qui m’avez côtoyé ! En bien ou en mal d’ailleurs, je ne vous en voudrai pas !!! Dites moi, je n’attends que ça !


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Un commentaire

  1. Quel bonheur de faire revivre notre aïeul et de nous ramener à nos racines merci pour ce beau travail 💝 hâte d en découvrir plus 😉

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